Welcome Pérou! Puno, base arrière pour visiter les îles du Lac Titicaca: Uros, Amantani et Taquile

IMG_0165Puno est une bonne surprise! Nous nous attendions à une ville sans intérêt, un peu triste et c’est avec joie que nous avons découvert une cité au centre agréable et vivant. A la descente du bus venant de Copacabana, nous rencontrons Yola qui travaille dans une agence locale et qui nous propose ce que la plupart des touristes viennent chercher ici: un tour de deux jours/une nuit sur le lac Titicaca!

Comme nous sommes six, je négocie les prix jusqu’à obtenir le tour à 75 Bls/personne (Prix du Routard 2014: 85 Bls et ça peut monter jusqu’à 120 Bls). Comme nous sommes au terminal de bus, nous souhaitons également réserver maintenant nos tickets pour Cuzco dans deux jours. Dans la foulée, Yola nous propose aussi un bus Cama très confortable à 55 Bls au départ… que nous négocions à 45 Bls. Didier et Florence vont vérifier que Yola travaille bien dans une agence avec pignon sur rue car les arnaques sont monnaie courante à Puno.

Un peu à l’arrache, nous réservons le tout sans trop réfléchir. Au moins nous sommes tranquilles pour demain matin… il ne restera plus qu’à nous laisser bercer sur les vaguelettes du lac!

Au Pérou, il semblerait que les taxis respectent un peu plus la réglementation et nous devons prendre deux taxis pour rejoindre notre hôtel situé dans le centre.

De nuit, nous découvrons enfin le centre ville de Puno et nous sommes tous très agréablement surpris! En effet, cette cité assez décriée et présentée comme quelconque et sans aucun intérêt est en réalité vivante et plutôt sympathique. Près de la cathédrale et de la Place des Armes s’étire la rue de Lima qui offre de l’animation, des banques, des bars et des restos et les incontournables boutiques d’artisanat péruvien. Une seconde place bien illuminée dessert plusieurs ruelles charmantes où nous découvrons un supermarché (sans frais) avec des prix très avantageux comparativement aux supérettes et micro-supérettes croisées auparavant. Dans l’ensemble, nous constatons rapidement que les prix sont plus élevés qu’en Bolivie, notamment les restos.

Les premiers menus tournent autour de 18 NS et on atteint vite 25 NS. Nous négocions pour dîner un menu à 12 NS dans ce qui se révèlera être un très bon resto. Première soirée péruvienne bien réussie mais Arthur tombe vite de sommeil sur sa banquette et le retour à l’hôtel se fait dans les bras de Didier.

Le lendemain matin, nous sommes tous prêts à l’heure (ou presque…) et c’est parti pour le célèbre trio du lac: Uros, Amantani et Taquile! L’accès sur ces îles ne peut malheureusement pas se faire facilement par soi même en deux jours et nous dépendons donc d’un tour… pas vraiment notre tasse de thé mais le désir de découvrir ces perles du lac est plus fort…

Un mini-van passe nous prendre à l’auberge de jeunesse et nous conduit à l’embarcadère. Nous sommes un groupe d’une trentaine de personnes de toutes les nationalités: de Singapour à l’Afrique du Sud en passant par le Chili et le Canada! Notre guide Alessandro parle l’espagnol et l’anglais… on devrait s’en sortir 🙂 .

 

Après environ une heure de traversée tranquille dans la baie de Puno on aperçoit les premières cultures de Totora (sorte de roseau du lac) puis, enfin, les premières maisons flottantes. Le temps est avec nous et les couleurs sont superbes: entre le bleu clair du ciel, le bleu foncé du lac et le jaune paille des habitations… nous sommes gâtés!

Les îles Uros tiennent leur nom d’une peuplade indienne qui vivait là jusque dans les années cinquante environ. Tous les indiens Uros ont maintenant disparu et les îles ont été réinvesties par les indiens Aymaras dès le milieu du XXème siècle. Le peuple a changé mais les traditions et le mode de vie sont identiques depuis des siècles… Presque tout est basé sur l’exploitation du Totora. Aujourd’hui, 2500 personnes vivent réparties sur 63 îlots. Les maisons sont installées sur un tapis de roseau flottant et tout est fabriqué en totora sur place: maisons, meubles, barques… Cette spécificité unique en Amérique du Sud confère au lieu un intérêt majeur et le tourisme contribue de fait à l’amélioration de la condition de vie des habitants.

Nous profitons du temps clément pour passer un moment sur le toit du bateau et bénéficier ainsi du panorama à 360°. Approchant les îles Uros nous découvrons un ensemble de micro-villages flottants… par ici les écoles primaires (trois au total), par ici la salle commune (équivalent de la mairie) où l’alcalde (maire) rend ses décisions publiques… et enfin « notre » îlot; celui que nous allons visiter pendant environ une heure et demie.

Assez touristique, l’accueil de notre bateau se fait en costumes et en chants traditionnels. Nous sommes installés sur des bancs de totora et notre guide nous explique pendant plus de 10 minutes comment sont construits ces îlots périssables qu’il faut refaire régulièrement … car le totora finit par pourrir et ne plus être étanche. Nous sont expliquées également les règles de vie sur les îles, le quotidien, la pêche, l’artisanat…

Puis nous embarquons pour 20 minutes dans une barque de totora afin de faire le tour de notre îlot, de profiter du calme du lac et de goûter le fameux roseau… Flo en tête de gondole, nous nous laissons bercer sous le soleil…

De retour sur le sol moelleux et mouvant de l’îlot, nous visitons les maisons des habitants qui nous y invitent gentiment. Six familles vivent sur notre îlot… ce qui représente 28 personnes sur cet espace assez restreint! Tous vendent leur artisanat. Nous profitons pleinement des enfants qui jouent avec Arthur, Antonio, Gladys… et Didier « adopte » une petit fille qui lui rappelle notre Mélanie laotienne… et c’est ainsi que nous avons un peu échappé à cet entonnoir trop touristique…

Une fois Uros au loin, nous prenons la direction d’Amantani où nous passerons la nuit chez les habitants. Il reste deux heures de traversée et une fois sortis de la baie de Puno, ça bouge beaucoup plus… de belles vagues font allègrement tanguer notre bateau. Personne ne sera malade mais je pense qu’il s’en fallait de peu…

Amantani est déjà bien belle vue du large. Sauvage et malgré tout habitée par plus de 3000 personnes qui vivent de la culture du quinoa, du blé de la pomme de terre et de l’oka, il y a depuis peu l’électricité sur l’île (fourni par un vieux générateur) mais pas l’eau courante! Les habitants se rendent quotidiennement au lac ou à la rivière pour rapporter de l’eau à dos d’âne… pas de voiture non plus!

Fraîchement débarqués, nous sommes confiés tous les six à une famille d’une des dix communautés locales. Ropina nous accueille et nous conduit dans sa maison, à quinze bonnes minutes de marche, sur les hauteurs du village très pentu. José et Ropina ont respectivement 63 et 65 ans. Ils vivent là depuis toujours et ont eu quatre fils qui vivent dans des maisons toutes proches mais qui sont sur Puno pour trois jours afin d’assurer l’approvisionnement en céréales, fromage, fruits, légumes épicerie… pour toute la famille.

Leur jolie maison de pisé est peinte en rose et le patio intérieur laisse sécher le blé au soleil sur les étoffes colorées… Nos chambres sont bien plus confortables que ce que nous pensions: déco sur les murs, électricité et même un petit miroir! Par contre: attention à la tête! Les portes minuscules imposent (même à Flo) de se baisser pour entrer et sortir… Une petite salle d’eau (sans eau courante) donnant directement sur la cour intérieure semble assez récente et nos bénéficions même de toilettes modernes avec chasse d’eau manuelle (un broc et l’eau de la rivière dans un baquet à côté) : bref, le luxe! Pas besoin d’aller dans le cabanon de tôle au fond du jardin…

José et Ropina parle le quechua mais José s’exprime quand même aisément en espagnol. José nous fait visiter son jardin et nous présente un légume nouveau pour nous: le oka, qui est une sorte de tubercule biscornue jaune ou rougeâtre. Ils nous ont préparé un déjeuner délicieux à base de soupe de quinoa, légumes et fromage, une tasse de maté en dessert comme c’est ici la coutume.

L’après-midi, nous rejoignons le reste du groupe pour une randonnée sur les crêtes de l’île, au temple sacré de Pachamama (Terre de la mère, à l’origine de toute chose). Après de belles grimpettes et quelques suées nous atteignons tous ce lieu sacré juste avant le coucher du soleil. Pour nous « requinquer » le guide distribue des feuilles de coca à tour de bras! Le vent s’est levé et c’est emmitouflés dans nos parkas que nous profitons du déclin solaire avec un orage sur la terre ferme en toile de fond: Magnifique!

En chemin, Arthur a ramassé du mounia (plante à infuser qui a un peu l’odeur de l’eucalyptus et qui présenterait d’excellentes vertus médicinales pour les problèmes respiratoires et pour les problèmes de peau) et un oka pour José.

De retour dans notre famille, nous profitons du dîner pour partager avec José et Ropina du vin et du fromage rapportés de Puno. Ils sont très contents de ce geste. Après le repas Ropina m’habille de ses vêtements traditionnels (elle mesure 1,60… ) puis Mag, Flo et moi nous rendons à la salle communale toute proche pour assister à la soirée danses et chants organisées par les locaux.

Tambour, flûtes de pan, ocarinas et guitare… rondes, danses en ligne au programme! Très belle soirée bien conviviale: les habitants de la communauté apprennent quelques pas aux touristes et l’ambiance est vraiment festive.

Le lendemain matin, il est déjà temps de regagner le bateau juste après le petit-déjeuner. Cette escale est passée bien trop vite! Juste avant de partir, Ropina nous donne des grenades fraîches pour le trajet jusqu’à Taquile.

Taquile compte beaucoup moins d’habitants qu’Amantani. Le bateau nous dépose sur un ponton esseulé, à 20 minutes de marche de la place principale de l’île. Il fait toujours aussi chaud et les montées sont encore bien raides! Arrivés au village, nous découvrons le marché artisanal local et une petite exposition photo. Ici, les hommes aussi tricotent! Arthur rencontre un petit îlien et ensemble ils entament une super partie de football!

Puis une courte balade nous conduit jusqu’au restaurant panoramique pour le déjeuner. La vue est superbe: les maisons, les champs, le lac qu’on a envie d’appeler « mer »… La truite toujours aussi délicieuse! Nous apprenons que les hommes qui portent un bonnet rouge et blanc sont célibataires tandis que ceux dont le couvre-chef est rouge sont mariés… et beaucoup d’autre chose encore! Le savon naturel local, fabriqué à partir des feuilles d’un arbre endémique de l’île, fonctionne à merveille: démonstration épatante à l’appui! Il dégraisse tout et sert de lessive ici!

Après toutes ces aventures îliennes, nous entamons notre dernière rando du tour jusqu’aux confins de Taquile pour reprendre le bateau qui nous ramène en fin d’après-midi à Puno. Nous ne regrettons pas du tout ce tour « touristique » qui nous a permis de découvrir ces trois jolies îles et des personnes formidables et courageuses.  Bien sûr, qui dit tour dit groupe; qui dit groupe dit moutons… et ce n’est décidément pas notre truc… Mais nous ne sommes pas non plus partis quinze jours… L’aspect commercial qui incite parfois à consommer de l’artisanat local nous a déplu mais nous ne nous sommes pas laissés influencer. Nous avons seulement choisi d’acheter les créations de Ropina, qui nous a accueilli et nourri.

Nous revenons enchantés par ces deux belles journées. A Puno, nous n’avons même pas besoin de trouver un bus de nuit pour Cuzco. Nous avions réglé ça le jour de notre arrivée. Il ne reste plus qu’à profiter de la fin d’après-midi tranquillement jusqu’à Cuzco et la Vallée Sacrée.

 

Infos Pratiques:

Bus Copacabana => Puno: Compagnie Tour Pérou: 30 Bls/personne (environ 12 soles péruviens ou 4 euros). trajet direct de 4h00 (douanes comprises). Cf article Copacabana pour plus de détails.

Monnaie Pérou: 1 euro = 3,2 soles.

Taxi Terminal de bus => centre ville: 6 soles (NS)

Hébergement à Puno: Pacha Suite, rue Cajamarca, dans le centre à 3 minutes de la place centrale. Auberge de jeunesse. Super rapport qualité/prix. Excellente situation. Copieux petit déjeuner compris. Chambre quadruple spacieuse, avec SdB privée et eau chaude le soir. Bureau d’excursions pour les îles du lac, Tiwanaku, le Machu picchu… (non testé). Personnel charmant et attentif. Bagagerie très pratique pour laisser les gros sacs afin de découvrir les îles. Plusieurs coins « salon » pour attendre confortablement son bus de nuit après le chek-out de 10h00 du matin… en dégustant un café ou un thé!

Bonne table à Puno: Lago de Flores: menu annoncé à 18 NS (5,60 euros), négocié à 12 NS (3,75 euros) avant de s’installer. Apéro, soupe, plat et dessert! De la place des Armes, prendre la rue Lima en direction du Parque Pino; dans le passage Grau, sur la droite, au n°139. Accueil et service chaleureux et souriant, Superbes assiettes très bien présentées, copieuses et délicieuses. Excellente adresse!

Tour 2J/1N pour les îles Uros Amantani et Taquile: Agence Lago Tour: Nous avons choisi la première venue au terminal de bus où Yola est venue nous aborder dès notre descente du bus venant de Copacabana (Tel Yola: 951 823 835). Aucun regret, c’était très bien! Prix 2014 annoncés dans le Routard: à partir de 85 Bls. Nous sommes en 2015 et nous avons payé 75 Bls/personne soit moins de 23,50 euros pour le tour de 2J/1N, Pick-up et drop-off à l’hôtel en mini-van jusqu’au port, transport en bateau A/R pendant les deux jours, droit d’entrée sur chacune des trois îles: Uros, Amantani et Taquile, l’hébergement chez l’habitant à Amantani,  visites (randos) avec le guide (hispanophone et anglophone) ainsi que toutes les boissons (maté ou thé) et les repas (excepté le dernier midi à Taquilé: prévoir 20 NS/personne pour le resto et la balade en barque de roseau sur Uros: 5 pesos/personne).  A Savoir: Pensez à rapporter quelque chose pour la famille qui vous accueille: shampoing, crayons/stylos, fromage, riz …

Bus Puno => Cuzco:

  • bus de nuit Cama avec la Compagnie Transzela: Billets achetés auprès de Yola (agence Lago Tour) pour 45 Bls/personne. Trajet de 8h00. Cama Super confortable (trois sièges par rangée seulement), chauffé, calme, boisson chaude au départ et à l’arrivée. Nous n’avons pas vu le temps passer et nous serions volontiers resté quelques heures supplémentaires à dormir dans le bus… Arrivée précoce à Cuzco à 5h00 du matin; heureusement que le monsieur super sympa de la réception de l’hostal nous attendait et que nous avons pu bénéficier de la chambre dès l’arrivée…
  • A Savoir: Quand on prend un bus de nuit, c’est mieux de réserver un hôtel avec réception 24h/24h et d’envoyer un gentil message la veille en demandant un check-in anticipé… si la chambre est libre lors de votre arrivée, il n’y a en général aucun problème et c’est sans supplément! Quand on arrive ainsi dans une ville à 4h00 ou 5h00 du matin, c’est bien plus sympa que de patienter au terminal de bus dans le froid…

 

Toute la vérité sur Copacabana… et sur l’Isla del Sol!

IMG_9042De La Paz, on rejoint Copacabana en moins de 4h en bus. Même une petite portion du trajet en bac pour traverser la baie: Pittoresque! La dernière partie de la route est superbe, bordant le ravin, avec une vue exceptionnelle sur les eaux bleues du lac.

Puis nous arrivons sur un petit embarcadère où nous quittons le bus une demie-heure durant, le temps pour lui d’effectuer la traversée en bac à vide et le temps pour nous de prendre un bateau de fortune pour rallier la rive opposée. Cette micro-croisière n’est pas incluse dans le prix du billet de bus et nous devons payer le supplément de 2 Bs/personne… à moins de passer à la nage! Les mouettes nous accompagnent durant ce court trajet dans l’espoir de récupérer un peu de victuailles. Là encore, le lac nous semble être une mer tant l’embarcation tangue!

Nous sommes bien plus rapides que le bus et une fois passés de l’autre côté, nous prenons donc un goûter au soleil, près du kiosque en l’attendant.

Puis on repart, passant maintenant un col à plus de 4 130 mètres d’altitude, les paysages sont vraiment très beaux: collines, montagnes enneigées de la cordillère au loin,  ravins, ânes, lamas, rapaces… on ne s’ennuie pas un instant jusqu’à l’arrivée!

Je prends le risque d’en décevoir bon nombre! A l’origine, Copacabana n’est pas une célèbre plage de Rio de Janeiro mais une petite ville paisible de Bolivie, posée à 3 840 mètres d’altitude sur le Lac Titicaca. Voilà la fin d’un mythe!

Pourquoi la célèbre plage porte t-elle le même nom? En 1754, un moine bénédictin originaire de Bolivie qui s’est perdu au large des côtes brésiliennes promet à sa Vierge locale, s’il s’en sortait vivant, de nommer l’endroit où il échouerait du nom de son village d’origine: Copacabana! Nul n’aurait pu imaginer que cette sainte histoire verrait ensuite cette sainte plage devenir le sacro-saint lieu  de la plus grande exposition mondiale de fesses en été sous les yeux de la réplique de la Vierge de Copacabana désormais exposée dans une petite chapelle de ce quartier carioca…

Retournons en Bolivie, dans la « vraie » Copacabana qui est un charmant bourg flanqué d’une jolie basilique blanche où ont lieu parfois des baptêmes de… voitures! Et on vient même de très loin pour cela! La ville est baignée par les eaux sacrées du Lac Titicaca, le plus haut lac navigable au monde. Mi-bolivien, mi-péruvien, le « puma de pierre » en aymara ressemble bien plus à une mer qu’à un lac: en effet, 8 400km² et profond de 107 mètres en moyenne pouvant atteindre jusqu’à 280 mètres de profondeur au niveau du détroit de Tiquina… Long de 190 km et large de 80 km, sable, plage, baies, mouettes, ressac, rien que de l’eau à l’horizon, et des îles qu’on rejoint en 2h ou 3h de bateau… on s’y croirait!

Le nouveau terminal de bus de Copacabana se trouve désormais à 4km de la ville. Par un merveilleux hasard, notre compagnie de bus (Tur Bus) fait une courte halte en plein centre, avenue Busch, dans l’espoir de refiler quelques clients à son hôtel « partenaire ». Notre hôtel se trouve justement dans cette rue, juste au dessus du « sponsorisé »… nous en profitons pour descendre ici et nous économisons ainsi du temps, de l’énergie et une course en taxi: Bonne opération!

Une fois bien installés, nous prenons la direction de la rue 6 de Agosto, très animée… plusieurs missions nous attendent: la première? trouver une agence en quête de billets de bateau pour nous rendre le lendemain sur l’Isla del Sol afin d’y passer la journée. Flo et moi ne cherchons pas longtemps… on nous a recommandé une agence; en quelques minutes, c’est validé! Deuxième mission: trouver une laverie car le linge sale s’entasse, s’entasse, s’entasse dangereusement dans nos sacs à dos… Nous trouvons notre bonheur tout en bas de la rue,  un porche est percé dans une façade bleue et s’ouvre sur une cour bien sombre où un charmant monsieur nous accueille! 9Bls le kilo pour du linge lavé et séché, vraiment pas cher! Un peu « comme à la maison », ni ticket, ni paiement anticipé… on viendra simplement récupérer nos vêtements demain vers 18h00…

Enfin, notre dernière mission de la journée, et pas des moindres, trouver une bonne table avec un prix « routard » pour dîner. Nous trouvons notre bonheur près du lac, nous négocions le menu, initialement à 25 Bls, pour 15 Bls/personne. Comme nous voyageons pour quelques semaines à six personnes, je prends l’habitude de négocier les prix pour les restos… généralement ça fonctionne et tout le monde s’y retrouve.

Jolie soirée qui débute par un joyeux apéro, au choix: pisco sour, mojito ou Caïpirinha et soft pour les enfants bien sûr! Arthur le glouton toujours là pour mettre l’ambiance manque de peu de nous faire un remake d’un certain Noël…! Vive Heimlich! Dîner autour d’une bonne truite du lac et discussion animée avec Mag autour du végétarisme… puis il est temps d’aller se coucher; lever à 6h30 demain matin.

La traversée vers l’Isla Del Sol est bien agréable et nous arrivons vers 10h40 au nord de l’île. Tout est encore une fois magnifique. Le décor, l’eau limpide du lac, le ciel bleu, les paysages reposants, les cultures en terrasses et les maisons typiques… 2 000 personnes vivent ici.

L’Isla del Sol fut selon le mythe le berceau du fils et de la fille du soleil, qui fondèrent la ville de Cuzco plus tard. A l’époque inca, des vierges qui vénéraient le culte du soleil vivaient recluses ici. L’île était en fait un sanctuaire. De nombreuses ruines y sont encore visibles mais c’est impossible d’en faire le tour en une journée. On peut camper ou trouver facilement un hébergement sur place. Nous avons choisi de nous contenter du sentier des crêtes et des sites majeurs pour la visiter en une journée faute de temps. Cependant, sans chrono à tenir nous y serions volontiers restés quelques jours!

La randonnée des crêtes est somptueuse! Après un passage au musée (vite fait) pour s’acquitter du droit d’entrée aux ruines, on passe par une petite plage où quelques campeurs s’éveillent; puis nous nous élevons vers de très beaux points de vue sur la Cordillère Royale et les plages, en compagnie des ânes et des boliviennes en costume traditionnel. Rencontre avec une famille de cochons dont certains sont rouquins! Pas de voiture sur l’île… l’âne transporte tout sur son dos!

Le mirador sur le lac nous donne l’occasion d’une courte pause … un peu courte quand même selon les enfants…

Puis nous nous dirigeons vers les ruines de Chinkana qu’on rejoint en 45 minutes depuis le débarcadère. Ce site inca labyrinthique est adossé sur les contre-forts de la montagne et servait a priori de lieu de sacrifices rituels: table sacrificielle, rocher sacré, enchevêtrement de dédales de pierre…

Sans trop tarder, on reprend le sentier qui grimpe, grimpe… et qui court sur 7 km le long des crêtes… nous donnant l’impression d’une microscopique petite muraille de Chine! Impossible de s’égarer: il n’y a qu’un seul chemin délimité de chaque côté par de petites pierres. Entre les ruines de Chinkana au nord et Yumani au sud, il faut compter 2h30 de marche avec des enfants. Deux autres péages jalonnent le parcours avant d’atteindre le village et de descendre le long des étroites et sinueuses ruelles vaguement pavées pour arriver, à temps pour reprendre le bateau (à 15h45), jusqu’au magnifique escalier inca où Chloé a perdu ses lunettes de soleil dans les fontaines adjacentes… En haut de l’escalier, une fontaine salvatrice pour se désaltérer…

Au final, superbe journée ensoleillée où nous avons bien crapahuté! Un petit bémol concernant le temps imparti sur place qui ne nous a pas permis de prendre notre temps, de piquer-niquer…

Le bateau fait une courte halte de 15 minutes au Palais de Pilkokaina, où se tient encore debout un temple du soleil très bien conservé, avec ses belles portes trapézoïdales. Puis, c’est parti pour une bonne heure de traversée pour retourner à Copacabana… dans un grand silence… beaucoup d’entre nous se sont endormis sur le trajet il faut bien le reconnaître!

Pour récupérer, nous avons pris l’apéro sur le ponton, face au coucher de soleil; il fallait bien ça!

Le lendemain matin, nous avons le temps de visiter davantage « Copa », sa basilique, son marché, sa spécialité: le pop-corn sucré, son fromage pour lequel on débourse 15 Bls, sa place de Sucre, ses boutiques de jupes traditionnelles (surnommées « jupes-rideaux » par les enfants…) avant de manger végétarien puis de quitter la ville en début d’après-midi pour Puno, au Pérou.

Nous atteignons Puno dans la soirée après avoir passé plus d’une heure et demie rien qu’aux postes frontières! « Au suivant, au suivant… »!

Du côté péruvien, au départ, aucun changement significatif pa rapport à la Bolivie… si ce n’est ces étranges « tuk-tuk » sud-américains bariolés qui nous rappellent l’Asie!

La route se fait tranquillement au milieu de la campagne péruvienne, de ses maisons colorées qui paraissent un peu moins précaires qu’en Bolivie; tout ça en longeant le Lac Titicaca et les élevages de lamas et d’alpagas. Notre première impression est que le Pérou est un pays plus riche que la Bolivie. Nous en saurons plus dès demain…

 

Infos Pratiques:

Accès aux quais du terminal de bus: Traditionnel supplément de 2 Bls/personne.

Bus La Paz => Copacabana: compagnie Tur Bus: bus de jour standard mais bon chauffeur. Départ du terminal régional et du terminal du cimetière. Pas cher du tout. autour de 15 ou 20 Bls/personne (2 ou 3 euros). Attention: ne pas partir trop tard (après 13h00 ou 14h00) de La Paz car il y a une portion à traverser en bac pour rejoindre la presqu’île (+ 2 Bls/personne non inclus dans le prix du billet de bus) et après 17h00 ça semble être plus compliqué…

Hébergement à Copacabana: Hostal Los Andes del Lago: avenue Busch: résa la veille par booking (comme d’hab), immense chambre quadruple agréable et propre avec grande SdB privée, larges baies vitrées, vue sur le lac, à moins de 30 euros, petit déjeuner compris. Wifi très moyenne. Pas de chauffage. Eau chaude à certaines heures seulement (parfois coupée avant l’horaire officiel), personnel très très nonchalant… pas souvent quelqu’un à la réception.

Nos restos à petit prix à Copacabana:

  • Flor de mi tierra: face au port, celui qui se trouve sur le lac juste à gauche en descendant la rue 6 de Agosto. Menu à 15 Bls (affiché à 25 Bls… comme on est 6 on négocie!) avec apéro, soupe, plat (par exemple la célèbre et succulente truite du lac) et dessert: c’est délicieux! Par contre il ferme tôt (mais nous étions encore hors saison…).
  • Le resto végétarien « Restaurant Bar TREBOL »: sans prétention vu de l’extérieur qui se trouve sur la gauche en montant la rue 6 de Agosto avec une toute petite salle un peu sombre mais menu à 15 Bls délicieux également! Accueil charmant et prêt de jeux de société.

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Laverie à Copacabana: 9 Bls/kilo de linge, lavage et séchage. en descendant 6 de Agosto, presque tout en bas, sur la gauche, façade bleue sous le porche avec l’inscription Laundry au dessus.

Isla Del Sol: Prévoir casquette, crème et lunettes de soleil, de l’eau et un coupe-vent pour profiter de la traversée à l’extérieur du bateau.

  • Agence Inti Kara dans la rue 6 de Agosto, où se situe toute l’animation touristique de la ville : on nous l’avait recommandé et nous n’avons pas été déçus. RDV à l’agence à 7h45, on rejoint ensuite le port à pied (2 minutes). Départ vers 8h00 (plutôt 8h30). Arrivée au nord de l’île à 10h40. Et là, pas le temps de chaumer: le bateau du retour part du sud de l’île à 16h00. Prix du billet A/R 35 Bls/personne en réservant directement à l’agence (40 Bls/personne en passant par l’hôtel). Il est sans doute possible de négocier l’aller-retour à 30 Bls… Durée de la traversée: moins de deux heures.
  • Attention lors du choix de l’agence car nous avons rencontré des personnes qui sont passées par une autre agence pas des plus sérieuses: faux départ, retour à Copa… arrivée finalement sir l’Isla Del Sol vers 12h00 et retour à 15h30 au lieu de 16h00… ce qui laisse bien peu de temps pour découvrir le sentier des crêtes et les sites et ce qui en a contraint certains à prendre un autre bateau (en supplément: 30 Bls!!!) pour rentrer à bon port… un peu énervés…
  • Sentier à Péage sur l’île: Les trois péages sont gratuits pour Arthur (6 ans). Premier péage dans le village au nord de l’île pour avoir accès au musée et aux ruines de Chinkana: 10 Bls/personne. Second péage sur le sentier des crêtes: 15 Bls/personne. Dernier péage à la fin du sentier lors de l’arrivée à Yumani, au sud de l’île: 5 Bls/personne. Au total: 30 Bls/personne à prévoir pour s’acquitter du droit d’accès au magnifique sentier des crêtes qui est cela dit parfaitement aménagé et entretenu!
  • Toilettes sur l’Isla Del Sol: régulièrement on trouve des panneaux « Banos » sur le chemin. En général: 2 Bls mais nous en avons vu à 5 Bls!

Bus Copacabana => Puno: Compagnie Tour Pérou; semi-cama, 4h00 de trajet. 30 Bls/personne. Départs le matin vers 8h30 et à 13h30.

Passage de la frontière bolivio-péruvienne par Kasani: Nous conseillons de passer par une compagnie qui effectue le trajet direct. Arrivée à la frontière, le bus attend tous les voyageurs et ça peut être long, très long…. Plus d’une heure et demie pour effectuer les deux passages frontières, sous le cagnard… Il faut être patient du côté bolivien …  et encore plus patient du côté péruvien! Prévoir de l’eau.

 

 

 

 

 

La Paz et Tiwanaku, entre ville et campagne bolivienne

IMG_8849Après dix heures de trajet, notre bus nous dépose à 5h30 du matin au terminal de bus de La Paz. Il fait encore nuit et, arrivant d’Uyuni, nous n’avons pas froid malgré l’altitude.

Le premier taxi qui nous aborde est le bon… vu l’heure matinale, pas de temps perdu en négociation… La bonne surprise? Nous montons tous les six avec nos bagages dans le même taxi! Épique! Un peu serrés quand même…

Selon Mag et Flo, ça circule mieux ce matin que lors de leur passage quelques jours plus tôt. Nous avons choisi de séjourner au sein de l’hébergement qu’elles avaient d’ailleurs déjà testé.

Notre hostal est situé à dix minutes à pied de la place de la Cathédrale San Francisco et lorsque nous arrivons aux aurores, nous sommes gentiment accueillis. Nos chambres ne seront disponibles qu’à 10h00 mais le salon est confortable et on se voit proposer un petit café en attendant. Pas encore bien réveillés, on somnole sagement entre chien et loup en contemplant La Paz qui s’éveille.

Une fois réveillés, installés, reposés et lavés nous découvrons cette gigantesque ville pas green pour deux sous et assez bruyante. Notre objectif est assez simple: nous rendre à la station de bus afin d’acheter nos billets pour nous rendre dès demain à Copacabana et trouver un collectivo ou un bus pour découvrir le site archéologique de Tiwanaku cet après-midi.

Les rues bien animées regorgent de marchands ambulants qui patientent près de leur casier à roulettes, vendant de tout… ou presque. Les bus des années cinquante défient le temps qui passe et polluent les artères à gros coups de nuages noirs sur leur passage. Cependant leur look coloré,  vintage et sympathique nous ferait presque oublier nos pensées écolos…

La première étape est finalisée rapidement mais près du cimetière, à l’endroit où ont lieu les départs « solo » pour Tiwanaku, nous trouvons porte close. Un habitant du quartier nous recommande de revenir le lendemain matin entre 9h00 et 11h00… il y aura peut-être quelqu’un…

Un peu déroutés par cette mauvaise blague (et oui, dans Le Routard… on nous parlait d’un bus toutes les demies-heures jusqu’à 16h00…), nous décidons d’insister un peu et nous demandons un peu au hasard autour de nous dans la rue… Florence récupère une info intéressante auprès d’un chauffeur de taxi: il paraîtrait que ce soit possible, éventuellement, si nous avons de la chance ( 😉 ) , de dégoter un moyen de transport à deux rues de là… On tente! Bingo! Un taxi privé et un mini-van proposent le trajet La Paz => Tiwanaku pour une somme dérisoire! Yeah! Nous sommes ravis! A six, nous choisissons le mini-van bien entendu. Départ dans dix minutes, ce qui nous laisse le temps d’acheter de quoi manger « sur le pouce » (Arthur raffole de cette expression!). Quelques « curly » locaux et de mauvais empanadas feront l’affaire.

On s’élève vers l’Altiplano et la vue dégagée sur la ville est stupéfiante! Les maisons de briques brutes s’amoncellent et s’enchevêtrent sur les contre-forts de la vallée, telles une formidable partie de Tétris! Pas de place perdue! Le linge virevolte sur les toits-terrasses inachevés entre les citernes de récupération d’eau de pluie et les tiges filetées rouillées…

Puis,on s’éloigne tranquillement du vacarme pour gagner la douce campagne de l’Altiplano, ses champs jaunes et secs, ses vaches, ses maisons de pisé et ses habitantes vêtues de larges jupes colorées…

La route à elle seule vaut le détour. L’Altiplano est superbe: mélange de désolation par moment et de hameaux sortis de nulle part. Comment font les gens pour vivre ici?

Les montagnes andines enneigées en toile de fond, nous contemplons silencieusement le décor qui s’impose à nous.

72 km plus loin, le chauffeur nous dépose au bord de la grande route, Tiwanaku est encore à deux bons kilomètres de marche, sous le soleil  de ce bel après-midi…

Une demie-heure de balade avant d’arriver (enfin) sur le site archéologique, perdu en contrebas de la montagne, entre quelques chalets de bois vendant de l’artisanat local et une gare ferroviaire encore en activité… Badgad Café en somme! Le tout a 3850 m d’altitude.

Il est déjà 15h30 et le site ferme ses portes à 17h00. Pas le temps de se disperser! Tiwanaku est en fait la capitale d’un empire théocratique Aymara datant de la période pré-inca. Le site archéologique est classé au Patrimoine Mondial de L’Unesco notamment parce qu’il recèle une Porte du Soleil assez bien conservée et des statues impressionnantes qui font vaguement penser aux Moaïs de Rapa Nui ou aux statues des marae tahitiens…

Tout d’abord, l’Akapana, les ruines d’une pyramide à sept étages… du haut de laquelle on surplombe l’ensemble. Puis un temple dont il ne reste plus grand chose. Quelque lamas jalonnent le site…

Avant d’arriver au cœur du site: Le temple semi-souterrain contenant une collection de 172 têtes sculptées dans son enceinte: impressionnant! D’autant plus que les visages observés ne se ressemblent pas… certains semblent assez européens… bizarre… Cela représenterait le monde souterrains où reposaient les morts et les êtres à venir…  Enfouie au milieu de ce temple les archéologues ont découvert « une surprise de taille »! (voir plus loin).

Vient ensuite le très attendu Temple de Kalasasaya: les énormes blocs de pierre formant l’enceinte s’imbriquent parfaitement et on peut aussi y observer un astucieux système d’évacuation des eaux de pluie. Une fois gravies les marches pour atteindre l’esplanade, nous nous dirigeons vers la Porte du Soleil qui n’est finalement pas si impressionnante que cela… Les inscriptions sur le fronton sont perceptibles: condors, pumas… Elle annonçait le solstice d’été.

Le monolithe Ponce par contre est magnifiquement sculpté et les détails en parfait état de conservation. Sous les oreilles se trouvent d’ailleurs de petits bonhommes que j’imagine être des souffleurs… Sur les jambes, d’étranges symboles me font penser au logo Peace & Love: anachronique!

Plus loin, la statue du « Fraile » (prêtre) est plus petite et en moins bon état.

Le tour du site est assez rapide et nous sommes contents d’avoir encore le temps de découvrir les deux musées qui lui font face. Le premier, le musée Céramico, renferme une multitude d’objets découverts sur le site qui sont très bien présentés: parmi eux: poteries zoomorphes splendides à tête de puma et autres félidés, urnes et amphores dont Klimt s’est peut-être inspiré…, armes, bijoux et même une momie dans une posture inhabituelle!

Le second musée,  le Lilico, est en réalité un énorme bâtiment de béton moderne (très décalé quand on observe les alentours!) ne renfermant qu’un seul trésor: Le fameux Bennett: la découverte massive enfouie au milieu du temple souterrain! Cette immense et magnifique statue était autrefois placée devant le stade de foot de La Paz. Aujourd’hui bien à l’abri du soleil et des regards, le Benett est très bien surveillé et d’ailleurs les photos sont interdites dans l’enceinte du Lilico.

le bennett tiwanaku

Le retour est vraiment sympa! parmi la population locale, nous échangeons avec des boliviens sur leur mode de vie… Nous ne voyons pas le temps passé et déjà nous sommes déjà arrivés à La Paz où des répétitions de danse en musique ont lieu pour la fête du 16 Juillet: folklorique!

Nous traversons un marché bien animé jusqu’au téléphérique rouge qui nous offre une vue nocturne et féerique sur La Paz pour l’équivalent de 45 centimes d’euro!  Magique!

Guidé par Eddy, un habitant de la ville bien sympa croisé à la sortie du téléphérique, nous faisons un petit crochet du côté du marché aux sorcières… fermé parce qu’on est dimanche! Tant Pis, nous reviendrons demain matin… Le cadre est cependant agréable avec ses petites rues pavées et ses fresques murales…

Lundi matin, après une nuit bien reposante et un copieux petit déjeuner nous retournons du côté du marché aux sorcières qui s’avère être en réalité un ensemble de ruelles étroites d’où les boutiques laissent pendouiller des fœtus de lama séché et même de jeunes lamas blancs séchés: écœurant! Les boliviens s’en servent a priori comme offrande lors de cérémonies rituelles.

On trouve aussi dans ce quartier des voyants qui lisent l’avenir dans les cartes, assis sur des tabourets, à même le trottoir!

De retour vers  la Cathédrale, nous assistons à un concert de musique traditionnelle… en costume quechua s’il vous plait!

Mais il est déjà temps de rejoindre l’hostal où nous empruntons un taxi pour nous rendre au terminal de bus, direction Copacabana! Bye Bye Fernando!

 

Infos Pratiques: 

Hébergement à La Paz: Landscape B&B, rue Reseguà­n, n°1945 entre Aspiazu et Harrington, Quartier Sopocachi : Auberge familiale. Super accueil! Fernando est au top avec les clients! Chambres spacieuses et très lumineuses. literie confortable. Salle d’eau et WC communs. Salon commun. Très bon rapport qualité/prix étant donné le quartier. Prix: 34 euros pour la chambre quadruple Petits déjeuners inclus. Wifi (un peu lente). Eau chaude et radiateurs d’appoint (si besoin).

Taxi Terminal de bus régional => centre ville: 15 Bls (de nuit) la course.

Bus locaux: 2 Bls/personne quel que soit le trajet. Gratuit pour les enfants.

Trajet La Paz => Tiwanaku (arrivée à 2km du site environ) en minivan: Départ du terminal de bus situé face au cimetière et non du terminal de bus régional: 15 Bls/personne. 1h20 de trajet environ. Attention, le chauffeur nous dépose à 2km du village environ, sur la grande route mais c’est facile à trouver.

Pour info: Solution alternative: les agences du terminal de bus régional proposent uniquement des tours organisés: Transport A/R en bus « touristique » + snack + guide pour 80 Bls/personne… L’entrée sur le site n’est pas incluse… cher et pas vraiment notre tasse de thé…

Tiwanaku: entrée du site archéologique: 80 Bls/ personne. Demi-tarif pour Chloé (jusqu’à 15 ans) et gratuit pour Arthur. Le billet donne accès au site principal, au second site près duquel on passe en arrivant et aux deux musées. La route depuis La Paz est splendide et la visite du site incluant les musées est complète.

Trajet Tiwanaku => La Paz: Mini-van collectivo au même tarif qu’à l’aller mais comme c’était le soir, le chauffeur a déposé tout le monde sur l’Altiplano, sur les hauteurs de La Paz. Il nous a conseillé de prendre le funiculaire rouge pour redescendre en ville et ce fut une belle surprise! Traversée du marché de nuit local puis vue sur la ville illuminée: Magnifique!

Funiculaire rouge Altiplano => Centre ville: 3 Bls/personne. Gratuit pour Arthur. Jusqu’à 22h30 ou 23h00 le soir. A la nuit tombée, c’est féerique!

 

 

4 jours de folie dans le Sud Lipez et le Salar d’Uyuni !!!

IMG_7924Uyuni est un bourg un peu tristounet battu par les vents et le froid qui se situe au beau milieu de nulle part. Il n’y a pas grand chose à y faire… si ce n’est déguster une pizza en famille un soir d’hiver austral en attendant avec impatience le lendemain matin puisque nous devons y retrouver nos amies Florence et Magali qui arrivent de La Paz vers 8h00, après 12 heures de bus de nuit! (sans compter la journée et demie d’aéroport en aéroport…).

La nuit est froide… tellement froide que les vitres de la chambre gèlent, nous imposant de nous réfugier sous quatre couvertures de laine de lama!

Les retrouvailles sont géniales! J’ai l’impression que je les ai quitté hier! Je les accueille avec mon plus beau sourire (comprenne qui pourra… 😉 !) . Que ça fait du bien de retrouver des amis pendant cette parenthèse itinérante! Et de ce point de vue-là, on peut dire que nous avons été particulièrement gâtés cette année! Nous sommes donc ravis d’agrandir la tribu des Coloriés ces trois prochaines semaines! Leur arrivée et leur énergie nous font un bien fou car il faut bien le dire; nous sommes un peu fatigués par tant de mouvements, de trajets, de découvertes… La vie de TDMondistes n’a rien à voir avec d’interminables grandes vacances.

Les filles ont passé une bonne nuit en bus cama dans un fauteuil-couchette spacieux et avec du chauffage… comme quoi c’est possible de voyager confortablement en Bolivie… (compagnie Omar).

Nous avons environ une heure devant nous avant d’être rejoints par notre guide pour ces prochains jours. Notre dessein? Partir quatre jours en jeep et en autosuffisance à travers le désert bolivien du Sud Lipez et du Salar d’Uyuni, qui se trouve être la zone la plus aride du Monde. Vers 10H00, David passe nous chercher à l’hôtel et nous sommes au complet, sept au total! Le feeling passe bien avec lui d’entrée de jeu malgré la barrière de la langue et, après de courtes présentations, nous chargeons les sacs sur le toit du 4X4 qui va bientôt nous conduire au beau milieu d’un rêve éveillé!

Nous sommes tous impatients, excités, heureux! Derniers achats avant le départ: gâteaux pour les enfants, bouteille de vin chilien pour les grands, 5L de surplus d’eau potable et du rudimentaire papier WC! Vamos! En route pour l’aventure!

Le 4X4 est confortable et chacun prend ses marques dans ce nouvel univers.

Les premiers kilomètres sont une délivrance car nous préférons tous les six les grands espaces naturels aux zones urbaines. David nous explique le circuit de cette première journée alors qu’Uyuni se perd dans la poussière du désert bolivien.

Direction le chemin des écoliers, l’aridité, la rocaille. La piste s’élance vers un no man’s land presque inquiétant au départ. Personne. Rien. Ni plante ni eau. Enfin quelques lamas sur le bas côté. Bientôt des vigognes aussi; qu’elles sont belles! Nous sommes tous sous le charme de ces animaux si élancés, si élégants! David nous apporte des précisions sur les différentes espèces de camélidés tout en chiquant ses feuilles de coca. Bon, c’est trop tentant, certains d’entre nous goûtent les petites feuilles séchées! Les impressions sont mitigées; j’ai découvert en mastiquant l’or vert local un arrière goût d’épinard cru… sans plus.

Après quelques temps de route nous atteignons le village de San Cristobal, au milieu du désert lui aussi. Il s’agit aussi d’une étape sur la route du Dakar. Une grosse église en pierre en impose sur la place et nous profitons de cette première escale pour nous promener sur le marché local où safran et épices en tout genre rivalisent de couleurs et d’odeurs. Des étals de viande de lama jouxtent fruits, légumes et sacs de céréales. Les boliviennes toujours vêtues de leurs lourdes jupes d’étoffe colorée, de leur tricot, de leur tablier et de leur chapeau melon sont nonchalamment assises derrière les stands, attendant l’acheteur.

Le teint clair, les yeux bleus et les cheveux blond-châtains d’Arthur les tirent de leur torpeur et leur visage se fend d’un sourire: « mui lindo! » . Puis Mag s’enquiert du prix du laurier local… goûte une sort de gélatine sucrée… et hop, nous voici de nouveau sur la piste.

A travers les paysages qui défilent derrière les vitres de la jeep, j’ai un peu le sentiment d’être assise dans une salle de cinéma où l’écran 3D s’animerait continuellement, enveloppant mon fauteuil d’images surréalistes, de décors improbables et mon imagination s’évade.

Au bord de la piste, près d’une ancienne enclose, David stoppe le véhicule et prépare notre déjeuner tout en refusant l’aide que nous lui proposons. C’est donc assis en tailleurs sur le sol aride qu’un quart d’heure plus tard nous dégustons notre premier lunch tous ensemble: délicieux!

C’est mon premier vrai désert et nous sommes bien loin de tout ce que nous avons déjà vu cette année. Personne à l’horizon, nous sommes sept dans la voiture et chacun se retrouve avec lui-même, face à lui-même. Cette expérience n’a pas d’équivalent, pas de prix.

Lorsque nous atteignons le Lago Négra, nous touchons du doigt de nouveaux panoramas, quelque part entre les décors du NOA et les couleurs de la Nouvelle Zélande. Une courte marche d’une vingtaine de minutes nous conduit de touffes herbeuses en coussins végétaux mous, piqués sur le marais. On s’enfonce, on rebondit. De gros oiseaux étranges, à mi-chemin entre l’oie et je ne sais quoi, s’envolent sur notre passage. Puis au terme de la balade, nous prenons un peu de hauteur afin d’embrasser d’un seul regard la lagune toute entière et les montagnes lointaines. Décor imaginaire d’un livre fantastique? Possible. Posés sur les rochers nous profitons en silence de cet endroit que mille mots peinent à décrire.

Premiers vrais échanges avec notre guide concernant son métier, ou plutôt ses métiers car David, lorsqu’il n’accompagne pas de voyageurs dans le désert, fabrique du pain. Il a même travaillé dans les mines quelques années lorsqu’il était plus jeune. Il est passionné par son travail et prend à cœur de nous fournir beaucoup d’informations sur le site et les conditions de vie des boliviens dans ce secteur.

En fin d’après-midi, nous arrivons à Villa Mar, un hameau où nous allons passer la nuit chez l’habitant, dans un gîte typique et par grand froid. La nuit, il fait jusqu’à -20 ou -25°C dehors et les gens vivent ici chichement, sans chauffage ni superflu. Nous sommes très bien accueillis et notre chambrée donne sur un couloir qui donne lui-même sur une cour fermée… ce qui l’isole du vent violent, du froid et de la poussière.

David nous prépare un goûter à base de boissons chaudes et de petits biscuits secs. Nous décidons d’affronter le froid et le vent pour découvrir le hameau. Un joli point de vue du haut des montagnes nous dégourdi fort bien les mollets et c’est avec une stupéfaction non feinte que nous découvrons comme un mirage à une cinquantaine de mètres de là, sur le plateau et nus-pieds, une femme agenouillée qui tisse une étole malgré le vent qui s’abat sur nous et qui nous recroqueville tout entier sous nos vêtements chauds, écharpes, bonnet et gants. elle semble ne pas souffrir du froid pourtant piquant. Nous engageons la conversation, une semaine lui est nécessaire pour fabriquer son étole!

Plus loin Mag repère un morceau d’avion fracassé sur la montagne. Accompagnée d’Arthur, elle s’aventure jusqu’à la carlingue rouillée et ils tombent nez à groins avec des cochons sauvages: retour illico près de nous.

En redescendant jusqu’au gîte, nous croisons deux très jeunes lamas dans un enclos qui se laissent caresser et nous sommes tous attendris tant leur museau est doux et leur poil soyeux!

Le soir venu, le vent très violent qui balaie Villa Mar nous force à regagner rapidement le gîte.

Après une bonne douche (froide pour certains) nous passons à table et la soupe de légumes nous réchauffe réellement le corps. Tout emmitouflés dans nos sacs de couchage, et chaudement vêtus, nous tentons de nous abandonner au sommeil malgré les températures qui baissent, qui baissent, une fois la nuit tombée. Nous enregistrons 5°C dans la chambre cette nuit-là, alors que la température extérieure tourne autour de -20°C.

Le matin est bien vite arrivé et dès l’aube, nous prenons notre petit déjeuner toujours tout emmitouflés. Le 4X4 est vite chargé et nous quittons Villa Mar pour entamer notre deuxième journée dans le désert.

Le matin dévoile une nature figée par la glace alors que la jeep trace la piste vers le Parc National Eduardo Avaroa. Une barrière s’élève une fois le droit d’entrée acquitté et nous découvrons alors collines verdoyantes, volcans, vastes étendues où les vigognes semblent être les seules maîtresses à bord…

Nous croisons quelques petits nandous locaux… dont j’ai oublié le nom…

Magali déclare le jeu des vigognes ouvert! Dès que l’un de nous en repère une (ou un troupeau), il remporte temporairement Willy, le koala en peluche offert par Liz à Arthur. Et c’est ainsi que l’animal passe de main en main à mesure que nous évoluons au milieu de cette nature intacte.

Passant les 4 000 mètres d’altitude, pas de malaise en vue. Le Salar de Chalviri nous donne un bon prétexte pour une baignade aussi surréaliste qu’inattendue… A 4 400 mètres d’altitude, les thermes de Chalviri sont constitués d’un bassin d’eau chaude naturelle qui nous offre une eau douce à 38°C, le nez au vent, les yeux tournés vers l’horizon, avec quelques flamants roses pour seule compagnie: Magique!

Chloé et Florence ne se laissent pas tentées par l’aspect unique d’une baignade dans de telles conditions… sans doute à cause du froid mordant qu’il faut affronter en maillot de bain pour rejoindre le bassin depuis le précaire vestiaire. Notre trempette durera sans doute plus d’une demie-heure: Pur Bonheur! Arthur en profite pleinement, comme un poisson dans l’eau!

Il faut cependant reprendre la route car la journée est encore longue avant d’atteindre notre prochaine étape.

S’en suit le désert Salvador Dali qui porte bien son nom: de magnifiques couleurs s’étirent à perte de vue, de la pouzzolane recouvre le sol lunaire,  des concrétions rocheuses aux formes incroyables semblent sortir de terre… nous sommes au cœur des Montres Molles… malgré le temps qui n’en finit pas de défiler!

Quelques temps plus tard nous atteignons les superbes Lagunas Verde et Laguna Blanca, au pied du volcan Licancabur et ses cimes enneigées qui marquent la frontière de la Bolivie avec le Chili. Cette montagne culmine à 5 950 mètres… de quoi nous donner le vertige! La Laguna Verde est exceptionnelle de part sa couleur unique, résultat d’un mélange d’arsenic, de manganèse et de soufre. D’un joli vert laiteux la lagune perdrait paraît-il de son éclat depuis quelques années… N’ayant pas d’élément de comparaison, nous l’avons trouvé superbe! Mais attention, elle est toxique et quiconque s’y frotterait s’y brûlerait! Face à elle, les rêveurs de passage ont empilé d’innombrables petites pierres, créant des tours singulières comme autant de vœux, pensées, prières… C’est à notre tour de participer à cet édifice minéral… Une fois de plus, le vent nous bat le visage et les mains: Vite tous à l’abri dans la voiture!

De retour au Salar de Chalviri, nous déjeunons au chaud dans le gîte d’étape, face au merveilleux panorama que nous offrent les sources thermales. David a encore cuisiné pour un régiment et c’est délicieux! Avant de repartir, nous observons un curieux animal, à mi-chemin entre un marsupial, un lapin et un écureuil: allez, un peu d’imagination!

Puis nous traversons les mouvementés bouillons du geyser de Manâna et ses fumerolles sulfureuses presque inquiétantes. Des airs de Nouvelle-Zélande en Bolivie…

La journée s’achève en beauté puisque la lumière de fin d’après-midi apporte un éclairage doux et sublime sur la Laguna Colorada, rougeoyante, où des flamants roses peu farouches se déplacent avec délicatesse tandis que les lamas viennent s’abreuver à quelques mètres de nous seulement. Chloé est enchantée par ce spectacle improvisé et tente de caresser les camélidés… La mousse sous nos pieds joue un rôle de trampoline végétal assez marrant: nous avons l’impression d’avoir des ressorts sous nos chaussures de rando!

Puis, en fin d’après-midi, nous rejoignons Huaylla Jara où nous passons la soirée et la nuit dans un gîte sympa, autour d’un poêle à mousse! Car ici, ni arbre ni forêt… alors c’est de la mousse morte et sèche que l’on brûle pour se réchauffer! La douche (à 2°C) fait quand même du bien et après une succulente soupe et quelques parties de UNO, nous ne tardons pas à nous endormir sur nos sommiers de pierre et nos matelas de paille!

Nuit glaciale. Petit déjeuner avec gants, bonnets et écharpes. Départ à l’aube. Premier arrêt à l’Arbre de Pierre où les vents battant le désert à plus de 165km/h sculptent la roche ocre et friable pour former d’étranges œuvres naturelles… Surréaliste!

Puis David emprunte le chemin de cendres du désert de Siloli où l’on circule comme sur des œufs… Au loin, les sommets enneigés toujours. Pas de végétation ici, ni âme qui vive! Notre chauffeur s’amuse parfois dans les descentes et on se prend au jeu, tous les bras en l’air. Parfois la piste est difficile, imposant à David la plus grande prudence et c’est avec une souplesse impressionnante qu’il parvient toujours à franchir les pires crevasses et les raides montées!

Notre chauffeur-guide-cuisto est extraordinaire! Polyvalent, agréable et aux petits soins, nous partageons avec lui cette expérience unique pour nous! D’ailleurs, nous avons même l’impression d’être les seuls dans cette immensité. David fait tout son possible pour nous éviter les caravanes de jeeps afin que nous ayons l’impression d’être seuls au monde! Parfois, nous croisons un véhicule en sens inverse mais l’horizon nous appartient le plus clair du temps!

Plus tard dans la matinée, nous traversons les quatre lagunes et Arthur est tellement conquis qu’il réclame à cet instant quelques journées supplémentaires dans le désert… Chloé se manifeste alors pour réclamer quant à elle une douche chaude…

Les balades en altitude constituent pour nous un franc succès car aucun de nous ne soufre du mal des montagnes. David nous offre donc ces possibilités dès que possible. Près de la lagune Altiplano Honda, nous sommes maintenant redescendus à 4 100 mètres, et nous profitons du spectacle de ce lac gelé pour faire quelques photos.

La troisième lagune, Hedionda,  est stupéfiante! Les flamants roses sont tout près de nous, un village coloré au loin illumine l’ensemble, et Didier et Arthur inscrivent sur le sol « Les Coloriés », face à la montagne… Magali a bien du mal à quitter l’endroit! Florence est conquise par ce début de parcours commun! C’est tellement joli que Chloé en tombe sur le derrière (au sens propre)!

Premier 4X4 de la journée croisé en sens inverse. Puis la dernière lagune, Canapa, bleutée, s’adosse sur les flancs du volcan Corina qui culmine à 5 850 mètres. C’est devant le spectacle des fumerolles (côté chilien) du Volcan Ollague (5 750m) que nous pris notre pause déjeuner. Du mirador composé de formes volcaniques ocre-orangé, nous avons profité d’un vrai instant de sérénité, en compagnie de David, autour de galets aux légumes, de riz et de légumes. Les formations géologiques nous donnent l’impression d’être sur une autre planète… merveilleux!

Notre guide a une devise: « Todos es possible, nada es seguro! » et c’est avec cette philosophie que nous abordons le reste de la journée… Nous quittons le désert pour entrer dans le Salar de Chiguane, éblouissant! (sorte de Jardin Rodin Volcanique). Court arrêt dans le village de San Juan, qui paraît assez riche comparé aux précédents… Premiers cactus candélabres à portée de main pour Florence et Magali. Les lamas se baladent en liberté dans les rues du hameau, c’est charmant.

Puis, quelques épouvantails dissuadent d’hypothétiques oiseaux dans les champs de Quinoa. Les femmes assises sur des tissus tendus à même le sol séparent le grain de la tige. La vie est rude ici.

Jusqu’au village de Puerto Chavira, les paysages sont désormais plus humanisés, les terres sont cultivées, de petites maisons de pisé isolées ponctuent notre parcours. Situé à 3 650 mètres d’altitude, le hameau se trouve aux portes du Salar d’Uyuni. Nous passons la nuit dans un hôtel de sel où, comme son nom l’indique, tout est réalisé en sel! Murs, sols, sommiers, tables, bancs, chevets… Le sel est ici omniprésent et c’est le gagne-pain des habitants. Arthur parcourt les environs et découvrent des ossements d’animaux, de lama ou de vigogne. Alors il décide de créer  son musée archéologique! Un boliviano l’entrée et nous sommes tous conviés! Puis, c’est le moment tant attendu d’une douche chaude et il y a la queue sur le banc de l’unique salle d’eau du gîte!

Dîner royal avec des lasagnes de légumes gratinées et du vin! La nuit fut douce à cette altitude puisque les températures ne sont descendues qu’à environ 10°C dans notre chambrée! Après une excellente nuit, nous quittons le gîte à 5h30 en direction du Salar d’Uyuni. David roule dans le noir complet, sur des pistes à peine dessinées… Quel métier! La Voie Lactée pour unique décor. A l’est une lueur apparaît peu à peu… le jour se lève et Arthur tient alors ces propos enfantins: « La lune a commencé à reprendre les bébés étoiles dans son ventre avant d’aller se coucher pour laisser la place au soleil. »

Lorsque nous arrivons à l’île Incahuasi, seul une autre jeep est déjà là. En effet, cet endroit est un rendez-vous incontournable pour savourer le lever du soleil sur le Salar. Le jour se lève paisiblement sur Uyuni et nous découvrons cette île de pierre entièrement recouverte de cactus candélabres, en plein milieu du Désert de Sel! C’est un spectacle inoubliable! Arthur a tellement froid qu’il retourne rapidement au 4X4 avec David. A cinq nous profitons de la magie de ce lieu unique! Les couleurs sont sublimes, le décor est parfait! De retour sur le sel ferme , en contrebas, nous rejoignons Arthur et David pour un petit déjeuner unique dans un décor unique! Quelques oiseaux jaunes peu farouches tournent autour de nous.

Petite séance photos dans ce décor unique avant de reprendre la piste en direction des alvéoles blanches à perte de vue du salar…Nous resterons plus d’une heure-et-demie à jouer « aux perspectives » comme des enfants. Nous sous sommes bien amusés malgré les difficultés liées à la profondeur de champ…

Puis, nous avons visité le premier hôtel de sel du Salar d’Uyuni: Playa Blanca. De nombreux drapeaux de tous les pays flottent au vent comme un seul étendard!

Dernière étape de ce tour magnifique: Coclchani et son petit marché artisanal. L’occasion de se poser au chaud pour notre dernier déjeuner avec David. De retour à Uyuni, nous sommes comme tout droit sortis d’un rêve trop brutalement, un peu transis. Nous sous installons dans un café pour nous « reconnecter » après 4 jours sublimes.